IAM donne le coup d’envoi de la tournée des 20 ans de l’Ecole du Micro d’Argent

 

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Il y a 20 ans sortait L’Ecole du Micro d’Argent, troisième album d’IAM qui valut au groupe une reconnaissance mondiale et une place définitivement acquise au panthéon du rap hexagonal. Enregistré entre Marseille, Paris et New-York et marqué par de fortes influences de RZA du Wu-Tang Clan (avec lequel ils collaboreront d’ailleurs à plusieurs reprises par la suite), il allait devenir disque de diamant (plus d’un million d’exemplaires vendus) avant d’être sacré meilleur album de l’année aux Victoires de la Musique en 1998 et de s’imposer comme une référence majeure, unanimement saluée comme un classique du rap français.

Avant de connaître un tel succès et de donner au genre ses lettres de noblesse, les pionniers de la cité phocéenne s’étaient d’abord fait connaître quatre ans plus tôt en 1993 avec le tube « Je danse le Mia ». Extrait de leur précédent opus Ombre Est Lumière, ce titre leur avait alors permis de toucher le grand public et a certainement contribué ensuite au phénomène du Micro d’Argent. Pour en célébrer les 20 ans, le groupe a donc décidé de faire renaître sur scène la magie de son album historique. Une tournée anniversaire qui fera résonner lors d’une vingtaine de dates à travers toute la France (outre Genève et Bruxelles)  « Petit frère », « Dangereux », « L’Empire du côté obscur » ou encore « Nés sous la même étoile » pour le plus grand plaisir de leurs fans.

La correspondance entre IAM et le Wu-Tang Clan n’est pas seulement musicale puisqu’elle se retrouve, par-delà les sonorités, dans l’évocation commune aux deux groupes d’univers cinématographiques. Sorti le 13 Octobre dernier, le dernier album du Wu-Tang titré « The Saga Continues » semble encore tout récemment faire écho à la collaboration des deux groupes sur le titre « La Saga » extrait de L’Ecole du Micro d’Argent. L’album avait en effet permis aux MCs Akhenaton, Shurik’n et Freeman et à leurs producteurs Imhotep et DJ Kheops de réaliser une passerelle transatlantique percutante et efficace avec Sunz Of Man, issu de la pieuvre Wu-Tang Clan, alors en plein boom à l’époque.

Depuis, IAM a sorti cinq albums dont « Revoir un printemps » en 2003 après une éclipse de six ans mais aussi « Saison 5 » en 2007, « Arts Martiens » et « …IAM » en 2013, puis « Rêvolution » en Mars 2017, outre deux albums enregistrés en public : « IAM Live au Dôme de Marseille » en 2005 puis « Retour aux pyramides » en 2008, captation de leur concert aux pieds des pyramides de Gizeh à l’occasion d’un autre anniversaire, celui des 20 ans du groupe.

Dates de tournée et lien pour réserver :

►   AMNEVILLE – Le Galaxie, mercredi 8 novembre 2017
►   STRASBOURG – Zénith, jeudi 9 novembre 2017
►   GENEVE – Arena, vendredi 10 novembre 2017
►   GRENOBLE – Le Summum, dimanche 12 novembre 2017
►   LYON – Halle Tony Garnier, lundi 13 novembre 2017
►   NICE – Le Nikaïa, mardi 14 novembre 2017
►   MARSEILLE – Le Dôme, jeudi 16 novembre 2017
►   TOULOUSE – Zénith, vendredi 17 novembre 2017
►   MONTPELLIER – Arena, samedi 18 novembre 2017
►   BORDEAUX – Patinoire Meriadeck, lundi 20 novembre 2017
►   NANTES – Zénith, mardi 21 novembre 2017
►   CAEN – Zénith, jeudi 23 novembre 2017
►   PARIS – AccorHotels Arena, Vendredi 24 novembre 2017 [COMPLET]
►   PARIS – AccorHotels Arena, Samedi 25 novembre 2017
►   AMIENS – Zénith, lundi 27 novembre 2017
►   LILLE – Zénith, mardi 28 novembre 2017
►   BRUXELLES – Palais 12, mercredi 29 novembre 2017
►   ORLEANS – Zénith, vendredi 1 décembre 2017
►   LIMOGES – Zénith, samedi 2 décembre 2017
►   CLERMONT-FERRAND – Zénith, lundi 4 décembre 2017
►   DIJON – Zénith, mardi 5 décembre 2017

Ecouter l’Ecole du micro d’argent

Snoop Dogg envoie Donald Trump à la morgue sur la pochette de son nouvel album, « Make America Crip Again »

Après avoir tiré sur un faux Donald Trump dans le clip du titre « Lavender » sorti en Mars dernier, le rappeur de Long Beach envoie directement le président américain à la morgue sur la pochette de son nouvel album.

 

 

C’était le slogan de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle américaine : « Make America great again » (« rendre l’Amérique à sa grandeur »). Snoop Dogg l’a détourné et se l’est réapproprié en titrant son nouvel album « Make America Crip Again » (M.A.C.A.) et en n’hésitant pas à montrer sur la pochette un Donald Trump… à la morgue. On y voit en effet Snoop Dogg qui toise un cadavre recouvert du drapeau américain et portant une étiquette, attachée à l’orteil, indiquant qu’il s’agit du président Trump. Dans l’air ironique et narquois figé sur le visage de Snoop, on lit sa satisfaction du devoir accompli. Il semble même lever son verre bleu (en référence au gang afro-américain des Crips de Los Angeles né à la fin des années 60 dont il a été membre, par opposition au rouge porté par leurs rivaux, les Bloods) afin de célébrer la mort de Donald Trump. La pochette est aussi un hommage à Ice Cube et à son deuxième album « Death Certificate » sorti en 1991 sur lequel on pouvait voir le rappeur de South Central derrière un cadavre également recouvert du drapeau américain et dont l’étiquette indiquait alors « Uncle Sam ».Résultat de recherche d'images pour "ice cube death certificate"

 

Cela fait maintenant quelques mois que le Super Crip s’attaque frontalement au président américain. Déjà dans son clip « Lavender » sorti en Mars dernier, le vétéran du hip hop tirait sur un Donald Trump grimé en clown. Ce dernier s’était empressé de réagir sur Twitter : « Est-ce que vous imaginez le tollé que ça aurait fait si Snoop Dogg, qui rate tout dans sa vie, avait visé ou ouvert le feu sur le président Obama ! En prison ! ».

 

 

Si l’on connaît depuis longtemps l’engagement politique du rappeur, qui n’hésite pas à s’emparer de sujets de fond, nul doute que ses attaques envers le président lui font une belle publicité. Eminem s’en était lui aussi pris à Donald Trump dans le cypher dévoilé il y a quelques semaines pour annoncer la sortie de son prochain album, « Revival ». Et l’on ne peut que se souvenir du coup marketing réussi de YG et Nipsey Hussle avec leur hit « Fuck Donald Trump », lequel avait marqué la campagne présidentielle américaine et avait même, lors de sa sortie, été diffusé en boucle durant plusieurs jours sur certaines radios après que celles-ci aient été piratées par des anti-Trump.

 

 

En plus de quelques morceaux en solo, on retrouve sur le projet de nombreux invités tels que Chris Brown, OT Genasis, Ha Ha Davis, October London, Designer Flow et Shon Lawon. Le nouvel album du rappeur californien est disponible sur toutes les plateformes de streaming.

Ecouter « Make America Crip Again »

Dehmo poursuit sa route en solitaire

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Nous avons rencontré Dehmo, ancien membre de la MZ (aux côtés de Jok’air et Hache-P), pour évoquer avec lui son parcours dans le rap, son projet « Ethologie » sorti le 23 Juin 2017 mais aussi la suite de sa carrière.

 

Salut Dehmo ! Tout d’abord, peux-tu résumer ton parcours dans le rap en quelques mots ?

Mon parcours dans le rap a commencé en 2007 mais j’ai pris les choses plus sérieusement à partir de 2012, avec la formation de la MZ. Le groupe s’est séparé en 2016 et ma carrière solo a vraiment commencé cette année, début 2017. On a d’abord sorti quelques extraits avant d’enchaîner directement avec « Ethologie », qui représente en quelque sorte ma carte d’identité musicale.

Le quartier de Chevaleret où tu as grandi, dans le 13ème arrondissement de Paris, tient une place assez importante dans ton parcours et dans ta musique.

En effet. Ce quartier, c’est un peu comme une seconde mère. C’est là-bas qu’on se retrouvait avec tous mes potes, qu’on a fait les 400 coups. C’est aussi là-bas que j’ai commencé le rap, notamment en cours parce que je m’ennuyais beaucoup. A l’époque, j’étais fan de rap français.  Je n’écoutais que ça et je peux te dire qu’il y avait beaucoup moins de rappeurs qu’aujourd’hui dans le quartier. Devenir rappeur à l’époque, c’était une sorte de rite initiatique, de baptême étrange.

Tu as connu un certain succès avec la MZ, marqué par de nombreux showcases, des tournées importantes, des ventes assez solides et un public fidèle. Comment vis-tu ta première sortie solo ? Est-ce que tu appréhendes la manière dont cette mixtape va être reçue ?

Je me sens plutôt à l’aise par rapport à cette première sortie en solo. J’ai pris tout ce qui s’est passé avec la MZ comme une bonne expérience. Aujourd’hui, cette page est tournée et je dois me concentrer sur la suite de ma carrière. J’ai réussi à construire mon projet et je suis plutôt content du résultat donc je me jette à l’eau et je ne me prends pas trop la tête. Dès lors que j’arrive avec un projet qui me plaît, j’accorde assez peu d’importance à ce que les gens peuvent en penser. Si le projet est reçu de manière positive, je serai évidemment content mais je ne prête pas d’attention particulière à mes détracteurs. Tout le monde a le droit d’avoir son avis. Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.

Après la séparation de la MZ en Décembre 2016, as-tu tout de suite su que tu allais prolonger l’aventure en solo ou as-tu envisagé à un moment d’arrêter la musique pour te consacrer à autre chose ?

J’ai su tout de suite que j’allais continuer la musique. Il y a tout de même eu un court moment de réflexion durant lequel je me suis demandé si je n’allais pas en profiter pour faire autre chose mais comme je suis un véritable passionné, la musique a vite repris ses droits. J’ai compris à ce moment-là que je n’aurais jamais la même envie de faire autre chose.

Ta mixtape s’appelle « Ethologie » : la science qui s’intéresse aux comportements animaux au sens large, y compris ceux de l’homme. Tu parles beaucoup de ta famille, de tes potes, des rapports humains en général. As-tu fais un effort conscient pour te prendre toi-même comme cobaye de cette éthologie et pour en dévoiler davantage sur toi et sur ton quotidien ?

Les choses se sont faites naturellement et je n’ai pas eu l’impression de fournir un effort particulier en ce sens. Quand je fais de la musique, j’y vais toujours au feeling et je me suis dit qu’il fallait continuer à procéder comme je l’avais toujours fait. Le titre « Ethologie », je l’ai d’ailleurs trouvé sur le tard, en réécoutant le projet presque terminé. Je ne l’avais pas dès le début. Je me suis rendu compte que ça collait vraiment à tout ce que j’y évoque, que ce titre définissait bien le projet. En d’autres termes, c’est le projet qui a déterminé le titre et non le contraire. Je n’ai rien calculé du tout. J’ai juste fait les morceaux que j’avais envie de faire au feeling. Au fur et à mesure, le projet a pris une direction introspective qui n’était pas préméditée et à laquelle ce titre correspondait parfaitement. Je me suis d’ailleurs un peu découvert à travers ce projet. Je pense que c’est assez naturel de se parler à soi-même, de se poser des questions, y compris à voix haute dans la musique car on pense constamment. Nos souvenirs et nos expériences interviennent au même titre que notre rapport au présent ou à l’avenir.

Tu es né en Côte d’Ivoire et sur Ethologie, un morceau est intitulé « Abidjan est doux ». On a l’impression que tu établis un contraste entre Paris qui est une ville plutôt stressante, où tu vis tes galères et tes prises de tête, et Abidjan qui apparaît comme une sorte de paradis perdu, un refuge, un îlot de sérénité où tu peux t’évader de tes préoccupations et souffler de cette vie parisienne frénétique. Un peu à la manière de Doc Gynéco sur « Né Ici ».

Je ne l’avais pas vu comme ça mais c’est une interprétation assez juste. Ce morceau, c’est en quelque sorte mon « Hakuna Matata ». C’est un titre très introspectif en même temps qu’un clin d’œil à mon pays d’origine. C’est finalement assez logique car souvent, c’est dans la ville où tu habites que tu es confronté à un certain nombre de problèmes tandis que l’endroit où tu pars en vacances, c’est celui où tu t’échappes de tout ça, où tu te sens plus calme et où tu respires mieux. C’est un peu comme si tes difficultés restaient circonscrites à l’endroit où tu vis sans pouvoir te suivre lorsque tu t’en éloignes. La distance avec ton environnement quotidien te permet de décompresser, et ce quelle que soit la ville d’où tu viens et celle où tu voyages. En l’occurrence, je parle de Paris et d’Abidjan mais j’aurais pu dire la même chose en prenant deux autres villes.

Sur ce projet, on a l’impression dans la manière dont tu rappes et dont tu poses ta voix que tu prends plus le temps, que tu es moins dans l’urgence qu’auparavant.

A mes débuts, c’est vrai que je laissais beaucoup moins les instrus respirer. Je venais de découvrir que je savais rapper, j’avais la dalle et donc j’avais envie de kicker sévère. J’étais plus attiré par le côté vénère du rap, par cette idée de « représenter le quartier ». Ca me paraissait ennuyeux de laisser même une demi-mesure de repos sans rapper dessus : j’avais vraiment à cœur de kicker tout le long de l’instru, du début à la fin. Aujourd’hui, je pense que j’ai mûri et acquis une certaine maturité par rapport à ça. Je ne suis plus simplement un rappeur cantonné à kicker en permanence mais je suis un également un artiste qui essaie de s’inscrire dans quelque chose de plus global, de plus complet que ça. Ces deux dernières années, j’ai vraiment appris à construire des morceaux et à me pencher davantage sur la musicalité.

Pour finir, comment envisages-tu la suite ? Est-ce que tu bosses actuellement sur un prochain projet ?

Je bosse sur mon prochain projet dont le titre et le format sont encore confidentiels donc je ne peux pas t’en dire plus. Tu peux l’appeler « X » si tu veux (rires). J’espère aussi tourner pas mal avec « Ethologie » et continuer à rencontrer tous ceux qui me suivent et qui apprécient ma musique un peu partout en France.

Merci beaucoup Dehmo d’avoir pris le temps de nous répondre et bonne chance pour la suite !

Le Wu-Tang Clan revient avec « The Saga Continues »

 

image wu tang clan the saga continues chronique album

 

Des millions d’albums vendus, une école du hip hop authentique qui a marqué toute une génération et dont ils sont les pionniers, et aujourd’hui, la bagatelle de 8 albums solo dont aucun échec : qu’on se le dise, Wu-Tang’s forever ! En effet, le mythique groupe de Staten Island est loin d’avoir lâché son dernier couplet puisqu’il est aujourd’hui de retour dans les bacs avec un nouvel album, intitulé « The Saga Continues ».

Il y a quelques jours, le crew avait dévoilé le clip de « People Say », le single phare du projet.

Ces MCs maîtrisent le rap comme le moine Shaolin manie le sabre, et ce depuis leurs débuts en 1993. Le groupe a tout réinventé, s’est tout réapproprié : les flows, les thèmes, les attitudes, les instrus, et même le halo de mysticisme qui l’entoure, lequel confère parfois à ses membres l’aspect de véritables shamans. Dans les textes, nos sorciers œuvrent toujours pour la propagation des véritables valeurs du hip hop, comme l’authenticité ou l’élévation des consciences. Le titre du projet rappelle aussi la dimension cinématographique de leur œuvre, innervée d’extraits de films qui tiennent souvent lieu de skits et d’autres clins d’œil plus subtils au 7ème art.

Comme sur les précédents projets, les humeurs varient. On trouve quelques bangers bien street, comme ”If What You Say is true”, ”Hood Go Bang” ou encore ”Frozen” tandis que d’autres titres sont plus mélancoliques, comme l’excellent ”If Time is Money”.

RZA a choisi de laisser les commandes à DJ Mathematics, proche du groupe depuis longtemps qui a su apporter sa propre touche aux prods de ce dernier opus tout en conservant intact l’édifice intemporel du Wu. Les instrus jazzy, voire même groovy, existaient déjà dans leur discographie mais Mathematics a introduit quelques notes supplémentaires, notamment au niveau des basses, qui soulignent astucieusement le talent de RZA et relèvent encore un peu le génie de ses sonorités.

Les affiliés de toujours Killah Priest et Streetlife font partie des contributeurs, tandis que Redman, Chris Rivers et le regretté Sean Price (R.I.P.) figurent parmi les invités hors-Wu.

Si toute sortie du Wu-Tang est nécessairement un événement sur la planète rap, précisons tout de même qu’il s’agit en réalité d’une compilation, laquelle s’inscrit dans le sillage des précédents Chamber Music (2009) et Legendary Weapons (2011). Ainsi, seulement deux tracks sont attribuées au Wu-Tang Clan dans sa totalité, les autres comprenant au moins un membre du groupe. Il n’empêche que ce projet a été qualifié de « chef-d’oeuvre » par RZA, le producteur historique du Wu.

En définitive, « The Saga Continues » est un disque qui alterne savamment entre métaphores poétiques et punchlines plus rudes pour faire résonner un peu de New-York dans nos oreilles.

Tracklist :

1. Wu-Tang the Saga Continues Intro f. RZA
2. Lesson Learn’d f. Inspectah Deck and Redman
3. Fast and Furious f. Hue Hef and Raekwon
4. Famous Fighters (Skit)
5. If Time is Money (Fly Navigation) f. Method Man
6. Frozen f. Method Man, Killah Priest and Chris Rivers
7. Berto and the Fiend”(Skit) f. Ghostface Killah
8. Pearl Harbor f. Ghostface Killah, Method Man, RZA and Sean Price
9. People Say f. Wu-Tang Clan and Redman
10. Family (Skit)
11. Why Why Why f. RZA and Swnkah
12. G’d Up f. Method Man, R-Mean and Mzee Jones
13. If What You Say is True f. Wu-Tang Clan and Streetlife
14. Saga (Skit) feat. RZA
15. Hood Go Bang! f. Method Man and Redman
16. My Only One feat. Ghostface Killah, RZA, Cappadonna and Steven Latorre
17. Message
18. The Saga Continues Outro f. RZA

Ecouter « The Saga Continues » : https://www.youtube.com/watch?v=OrdCt7AOg

 

 

Jonas, rap acoustique – Interview

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G : Bonjour Jonas ! On te rencontre à l’occasion de ton concert parisien de Septembre 2017 à La Dame de Canton où tu assures la première partie de Yael Miller qui est invitée sur ton album et avec laquelle vous collaborez depuis longtemps. A quoi peut-on s’attendre ce soir ?
J : Sur l’album Oxymore, je voulais explorer le contraste entre le son doux et feutré du clavier (Cedric Schaerer) et le son viscéral de la guitare électrique (Mathieu Karcher). Je suis également accompagné par un batteur (Maxence Sibille) et un bassiste (Christophe Chambet). Le projet est sorti en 2015 et nous avons beaucoup tourné. On a fait environ une cinquantaine de dates, principalement en Suisse. On a joué à Paris l’année dernière aux Trois Baudets, à Grenoble, à Lyon. On a aussi été invités à Tunis.

Ce soir par contre, il n’y aura pas de section rythmique. Ce sera piano, guitare, rap, ce qui permettra de mieux se concentrer sur les textes.

G : Cela fait très longtemps que tu rappes. Peux-tu me parler un peu de ta carrière de rappeur jusqu’à présent ?

J : En effet. J’ai commencé à rapper à 12 ans et j’en ai 38, ça fait donc 26 ans. Après avoir rappé durant une dizaine d’années au sein du groupe le D.U.O. aux côtés de mon pote ROX, j’ai enregistré mon premier album en partie en Afrique de l’Ouest (au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso) car j’adore la musique mandingue. Je bosse principalement avec des musiciens live. A 23 ans, je suis parti tout seul au Mali. J’avais écouté Boubacar Traoré et d’autres et j’ai préféré partir et enregistrer avec des musiciens africains plutôt que d’utiliser des samples.

Pour te donner une idée, j’avais découvert par hasard un groupe de rap burkinabé dans une disco à Tombouctou. Je me suis renseigné auprès d’un gars qui m’a dit que le groupe s’appelait Yeleen. Le lendemain, j’ai fait le tour de toute la ville pour trouver la cassette. Comme je l’écoutais souvent, j’ai fini par tomber par hasard sur quelqu’un qui les connaissait et qui m’a donné le n° de téléphone de l’un d’eux. J’ai décidé de l’appeler et il a tout de suite été partant pour qu’on se rencontre !

C’est la musique qui me donne envie de découvrir d’autres pays. Plutôt que de me dire « Wow ! Il y a de belles plages là-bas ! », je m’intéresse davantage à la force qu’il y a dans leur musique ou dans leur littérature. C’est d’abord ça qui m’attire dans un pays, avant d’aller à leur rencontre. J’ai toujours beaucoup aimé le sens des mots, les textes.  Les seuls invités sur mes projets, ce sont Yael Miller, Rox, Gaël Faye et Edgar Sekloka, parce que j’apprécie leur plume. Je suis plus attiré par les lyricists que par les kickeurs. Je respecte évidemment le boulot de « kickeur » et j’apprécie les gars qui ont du flow mais personnellement, ce qui m’intéresse en priorité ce sont les textes
Le deuxième album, on l’a enregistré avec piano, guitare, basse, batterie et contrebasse sur certains morceaux. On a rajouté du oud, de la clarinette basse et quelques autres instruments.

Le but d’un morceau pour moi, c’est vraiment d’aller creuser au fond de soi-même, d’essayer de trouver de l’humour dans la difficulté, de se pencher sur les failles qui se cachent derrière les conventions ou les apparences pour aller plus loin. Faire ce travail sur soi, trouver de la poésie là où il semble ne pas y en avoir, encourager les gens, je pense que c’est essentiel dans la mesure où nous sommes tous les miroirs les uns des autres. C’est pour cette raison que mes chansons, je ne les écris pas que pour moi, c’est très important de les partager.

G : Quelles sont tes influences en rap FR et US ?

J : Je pense que les gars qui m’ont le plus marqué dernièrement, ce sont Gaël Faye et JP Manova. Je suis assez éclectique. A la maison, j’écoute aussi bien Jacques Brel que de la musique indienne ou mandingue. Chez les ricains, j’aime bien Dillon Cooper, il kicke sévère sur des beats à la Primo. Il parle beaucoup de foncedé mais il le fait bien, il a un côté un peu viscéral que je trouve intéressant. Kendrick Lamar évidemment, c’est un monstre. Son morceau qui m’a le plus marqué, c’est « Hiii Power ».

Pour te donner une idée, mon album de référence (que j’écoutais encore dans la voiture tout à l’heure), c’est ATLiens d’Outkast. Cet album, il est hyper bien produit, il a 21 ans et il ne vieillit pas. Il est intemporel, c’est assez incroyable.

J’aime bien la musique de Jim Jones et Mos Def sur le projet Blakroc. J’ai toujours apprécié les sonorités East Coast. « Hellucination » de Smif-n-Wessun, pour moi c’est un classique de ouf !

Ce qui est fort avec le rap depuis toujours, c’est qu’indépendamment des distinctions boom-bap, « old school », cloud rap ou trap, ce sont toujours des gens qui sans formation essaient de créer quelque chose en dehors des voies traditionnelles. C’est un peu la génération spontanée.

Ce qui m’importe c’est la création. Même si certains types de rap me plaisent moins que d’autres, j’encourage toutes les initiatives autour de la production de rap. Je suis toujours content de découvrir de nouveaux talents et de voir des jeunes qui réussissent à remplir des salles. D’ailleurs, je trouve que les questions qu’on pose souvent du type : « Que penses-tu de tel ou tel rappeur ? » n’ont pas d’intérêt. A titre personnel, ça ne me dérange pas que certains puissent penser que je fais un rap de « vieux con ».

G : Il y a un côté assez introspectif dans ton dernier album, « Oxymore ». Est-ce que tu peux nous parler un peu de l’univers que tu y développes ?

J : Ce qui est au centre de cet album, c’est la critique humaine, la recherche de l’exception qui infirme la règle. J’aime bousculer l’ordre établi. L’homme a toujours tendance à coller des étiquettes et à se conditionner. Dans le fond, on a tous envie d’être heureux, de vivre des belles choses, de rencontrer des gens qui ont des bonnes vibes et qui nous tirent vers le haut. Malheureusement, on est souvent rattrapé par le stress et les problèmes. Même s’il faut savoir se préserver et prendre soin de soi. Détourner le regard quand les gens autour de toi rencontrent des difficultés, c’est la pire chose que tu puisses faire. Attention à ne pas tomber dans l’excès d’indifférence ! C’est un équilibre difficile à atteindre.

G : Merci d’avoir pris le temps nous répondre et bonne chance pour la suite Jonas !

wwww.jonasmc.com

Migos – « C U L T U R E » et dépendance – T-Shirt

A quelques jours de la sortie de C U L T U R E, retour sur les trois premiers extraits clippés.

Quality Control Music

Après avoir lâché « Call Casting » et « Bad and Boujee », extraits de leur deuxième album studio,  C U L T U R E, qui sortira le 27 Janvier prochain, Migos vient de soulager encore un peu plus notre impatience en dévoilant dans la dernière ligne droite le titre « T-Shirt ».

La bombe « Bad and Boujee » feat. Lil Uzi Vert avait déjà fait grand bruit en s’offrant la seconde place du prestigieux Billboard Hot 100 et en cumulant la bagatelle de 125 millions de vues sur youtube à peine trois mois après sa sortie.

Alors que les échos de la déflagration continuent de truster ces dernières semaines le top des charts outre-Atlantique, les Migos font ici redescendre la température en-dessous de zéro et nous emmènent en virée à bord de leur trépidant traîneau trap.

Point de visions chaotiques évoquant les confins d’ATL, ni la rue, ni le strip club. Alors qu’ils sont aujourd’hui à leur pic de popularité, on retrouve Takeoff, Quavo et Offset en pleine forêt enneigée, vêtus de peaux d’ours comme des Esquimaux, au sommet d’une montagne qu’ils achèvent tout juste de gravir lorsque le clip commence et qui semble bien être celle du rap game. Comme un mauvais présage duquel on ne réchappe pas ou une addiction qui vous poursuit toute la vie, le manteau blanc s’étend à perte de vue partout autour d’eux, embrassant tout l’horizon. Dans une allégorie résumant la carrière du trio, la neige est à la fois au commencement, le chemin et la destination. Au commencement, du fait d’une longue expérience commune dans les trap houses de Nawf Atlanta, comme le rappelle Offset sur le hook de « Bad and Boujee » ( « We came from nothin’ to somethin’ nigga »). Le chemin, parce que les souvenirs de cette jeunesse passée à servir le iencli et à éviter les balles innervent toute leur musique, et parce que leur manière si particulière de les raconter les a propulsé tout en haut de la chaîne alimentaire ( « Young nigga poppin’, with a pocket full of cottage (ay) / Woah, kemosabe, chopper aimin’ at your noggin (ay) » sur « T-shirt » ; « I don’t trust nobody grip the trigger… / We got 30’s and 100 rounds too » sur « Bad and Boujee »). La destination, enfin, car après avoir jailli aussi furieusement dans l’arène (t)rap, le trio compte bien ne pas en rester là.

Il était donc logique que la mise en scène, entre « Winter Sleep », « The Revenant » et « Les 8 Salopards », conserve à la neige toute sa valeur symbolique chère aux rappeurs d’Atlanta, laquelle est subtilement appuyée par le slang sur la dope et les bruits de rafales. On pourrait d’ailleurs y voir un clin d’oeil à la mixtape Alaska In Atlanta d’ OJ Da Juiceman. Car malgré la tranquillité apparente du lieu, l’univers violent et impitoyable de Migos reste bien présent, et la livraison pourrait mal tourner…

La montée des périls est en marche, portée par les flows toujours impeccables de nos 3 cyborgs infailliblement programmés pour rapper ensemble. A l’image des neiges éternelles, la funeste danse des sachets de poudre et des liasses de billets qui s’échangent dans la paume du ghetto semble ainsi ne jamais devoir prendre fin.

Au regard de la méthode de travail de Migos, laquelle consiste à multiplier les morceaux dans l’optique de placer ici et là quelques hits, souvent au détriment de la qualité, on ne peut qu’espérer que  C U L T U R E soit à la hauteur de la promesse formée par ces trois extraits et soit animé, dans son ensemble, du même panache. Si le projet parvient à tenir la distance, le trio est assuré de faire encore longtemps la neige et le beau temps dans le ciel floconneux d’ATL.

 

Date de sortie : 27 Janvier 2017 // Label : Quality Control Music

Tracklist – C U L T U R E :

1. Culture (Feat. DJ Khaled)
2. T-Shirt
3. Call Casting
4. Bad and Boujee (Feat. Lil Uzi Vert)
5. Get Right Witcha                                                                                                  6. Slippery (Feat. Gucci Mane)
7. Big on Big
8. What the Price
9. Brown Paper Bag
10. Deadz (Feat. 2 Chainz)
11. All Ass
12. Kelly Price (Feat. Travis Scott)
13. Out Yo Way

 

A J-4 avant Agartha, retour sur la Megadose Vald – [reaphit.com]

A quelques jours de la sortie du très adroitement teasé Agartha, retour sur les deux premiers extraits clippés.

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De retour après le succès critique et public de son EP NQNT 2, Vald dévoilait il y a quelques semaines « Eurotrap », extrait de son premier album studio Agartha qui sortira le 27 Janvier prochain, dont le clip avait été tourné sur fond vert afin de permettre aux internautes d’y incruster ce qu’ils voulaient et d’en proposer ainsi leur propre version.

Le rappeur d’Aulnay-sous-bois (93) nous en livre un second extrait, moins bouncy mais tout aussi trap, et sans doute meilleur encore :           « Megadose » produit par Seezy, à l’occasion duquel il invite à sa table les frelons Suikon Blaze AD, Dj Weedim (tous deux présents sur le projet), Biffty, Julius et Keukeu pour une gargantuesque orgie de junk food façon La Grande Bouffe. La réalisation du clip est signée Kub Cristo.

Toujours aussi désabusé, Vald pique au vif par le constat glacial qu’il nous invite à dresser avec lui sur l’état du monde (« Avant qu’explose la Terre, la stratégie j’expose… »).

La suite sur ReapHit.com.

 

Vald sera à l’Olympia de Paris le 17 Mars prochain et en tournée dans toute la France à partir de début Mars.

Tracklist – Agartha :

01 : Acacia
02 : Mégadose
03 : Si j’arrêtais
04 : Je t’aime
05 : Totem
06 : L.D.S
07 : Ma meilleure amie
08 : Neo
09 : Lezarman
10 : Blanc (feat. Suik’on Blaz AD)
11 : Eurotrap
12 : Petite chatte
13 : Vitrine (feat. Damso)
14 : Strip
15 : Kid Cudi
16 : Libellule
17 : Dernier verre

Westside Gunn- Flygod

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Originaire de Buffalo dans l’état de New-York, à 600 bornes environ de NY City, et aujourd’hui délocalisé à Atlanta, en Géorgie, Alvin Worthy, alias Westside Gunn, est davantage un rappeur charismatique qu’un grand technicien. On l’aime généralement pour ses gimmicks scélérates, pour la tonalité dystopique de ses textes ainsi que pour ses sonorités froides, en somme pour sa personnalité d’écorché vif. Correspondance singulière entre le fond et la forme, particulièrement marquée sur ce dernier opus : son flow traîne sur les instrus à l’instar du gamin des rues qu’il était jadis, lorsqu’il s’évertuait encore à y trouver les moyens de sa propre survie tout en caressant le rêve lointain d’une prestigieuse carrière de rappeur pour enfin sortir du dénuement.

Celui qui a été élevé par The Worst City On Earth, bien plus en tout cas que par ses parents, a le mérite d’être resté fidèle à ses racines et donc à une certaine idée de son art. « My style is real classic, gutter, New York boom bap feel », déclarait-il ainsi à Nahright en 2015. Ce qui est certain, c’est qu’après avoir passé 4 ans à peaufiner le dosage de sa potion magique sur la série de mixtapes Hitler Wears Hermes (1,2, 3 et 4comme sur les EP Roses Are Red… So Is Blood (produit par The Purist), Griselda Ghost, Don’t Get Scared Now (avec le concours toujours remarquable du frangin Conway) et There’s God And There’s Flygod, Praise Both, il est devenu à 33 ans l’une des figures incontournables du rap « d’inspiration new-yorkaise ». Il était donc grand temps pour lui de se lancer dans l’aventure du premier album.

Sur Flygod, le rappeur de Buffalo nous emmène en croisière dans la paume du ghetto, où la ronde sans fin des sachets de poudre et des liasses de billets imite dans une glaçante symétrie celle des gyrophares qui en sillonnent les artères. L’équipage réuni pour l’occasion fait la force de l’album. Il se compose à la fois de vieux corsaires voguant depuis bien longtemps sur les eaux troubles du rap game (Roc Marciano, Action Bronson, Apollo Brown, Danny Brown, Chase, Q-Bert, Alchemist, Statik Selektah, Skyzoo) et de jeunes matelots moins expérimentés mais tout aussi talentueux (Meyhem Lauren, Camouflage Monk, Your Old Droog et bien d’autres). En compagnie de notre capitaine et de la tronche en biais du frangin Conway, son commandant de bord de toujours, on remonte la côte Est de Miami jusqu’à la frontière canadienne, en passant par Baltimore et Fairfax. Un pèlerinage interminable à travers la jungle urbaine, toute aussi violente et peut-être même plus cruelle encore. Une jungle qui ne s’interdit rien et a depuis longtemps brouillé les frontières entre le simple racket d’opportunité, le braquage à main armée et le meurtre prémédité en bande organisée.

Conway lui-même en a fait les âpres frais en 2012 : alors qu’il est au volant de sa voiture, il réchappe de justesse d’une fusillade qui laissera néanmoins le côté droit de son visage gourmé à vie à raison d’une hémiplégie faciale. WSG en a lui aussi connu la crasse et la dureté, à travers la proximité des gangs, les règlements de comptes, la confrontation avec les forces de l’ordre et les murs d’une cellule entre lesquels il aurait pu finir ses jours s’il n’en avait, comme son frère, réchappé in extremis. En décidant de se reprendre en main, à la suite du décès brutal d’un proche…

C’est ce retour à l’état de nature sans concession, qui décime sa ville, que nous raconte l’album. Notre itinéraire s’annonce donc pour le moins risqué. Mais le plan de navigation est fixé et il n’est pas question d’en dévier. Avant que le vaisseau ne lève l’ancre et ne s’engouffre inexorablement dans les interstices du ghetto, enfilez donc dès à présent votre gilet pare-balles car ici (comme ailleurs), votre gilet de sauvetage classique ne sera d’aucun secours.

Sur les nappes éthérées et lancinantes de Tommy Daringer, beatmaker maison de Griselda Records et principal producteur de l’album, WSG nous plonge dans une ambiance de coupe-gorge et survole en images souvent poignantes les basses besognes de cet organigramme ombrageux. Il se pose en témoin privilégié d’une véritable nébuleuse d’activités clandestines, dont il donne à voir tous les échelons et tous les vices, du corner boy en mal de fortune au druglord réputé intouchable tôt ou tard rattrapé à son tour par une réalité bien différente (« Free Chapo »). « Fly Street Shit », comme il le résume lui-même. A cet égard, son écriture plutôt métaphorique, son style de « survol » caractérisé par des ellipses fréquentes et des évocations qui, pour être décousues, n’en sont pas moins gorgées de détails, accentuent encore la cohérence du titre du projet.

A mesure qu’on aborde aux silhouettes enténébrées peuplant les rues, d’où suintent comme d’une plaie infectée tous les périls de ce monde interlope, on pénètre le nuage névrotique de l’enfant des banlieues malfamées de Buffalo. La drogue, l’argent, les flics et donc, fatalement, les balles qui virevoltent partout telles des moustiques de plomb en Amazonie urbaine. Omniprésent dans la conscience du rappeur, leur bourdonnement sordide ne quittera d’ailleurs pas un instant les tranchées d’un album de guerre aux paroles rudes et à l’ambiance résolument martiale. Comme un clin d’œil à son blaze, WSG a remplacé les drums par le fracas des rafales sur plusieurs morceaux (« Dunks », « Shower Shoe Lords », « Hall », « Free Chapo », « Chine Gun »). Meilleur exemple de ces instrus sans percussions : le titre  « Dudley Boyz », signé Alchemist, sur lequel les chœurs de violons associés aux bars d’Action Bronson transportent au beau milieu d’un ring de catch flottant en apesanteur.

La plupart des productions, lentes, minimalistes et sombres, installent une atmosphère menaçante qui fait écho à des artistes de la Big Apple tels Mobb Deep ou Roc Marciano. Après la collaboration entre Prodigy et Conway sur le mini EP Hell Still On Earth  (dont le titre rend hommage au troisième album de Mobb Deep), il n’est donc pas surprenant de retrouver ici Roc Marciano, à la production de « Hall » et au micro pour une prestation de haut vol sur l’excellent « Omar’s coming ». Dans une tentative franchement réussie de réconcilier la rue avec le boom-bap new-yorkais classique, conformément aux ambitions affichées du label, cette référence au personnage mythique de la série The Wire vient compléter le cursus en gangsterologie proposé par WSG, aux côtés d’El Chapo, Scarface ou Don Corleone pour ne citer qu’eux. Les instrus accompagnent à la perfection la voix juvénile de notre écorché vif, laquelle n’est jamais autant sublimée que par le contraste avec le style démesurément brut de Conway. Cet équilibre subtil entre les deux hommes est assurément l’une des forces vives de Griselda, et fait d’eux l’un des duos les plus intéressants du rap US ces dernières années.

Le projet fait également la part belle au chant des sirènes, autant celles du triangle des Bermudes (intro de « Shower Shoe Lords », « Hall », « Mr. T ») que celles des patrouilles de police qui quadrillent les quartiers déshérités de la ville. Saluons par ailleurs les précieux scratchs de Q-Bert sur « King City », les saxos langoureux de « Chine Gun », la présence de Meyhem Lauren, étoile montante et pote d’Action Bronson qui s’illustre avec panache sur « Over Gold », celles de Statik Selektah et de l’impeccable Skyzoo sur « 50 Inch Zenith », sans oublier enfin la prestation d’Apollo Brown, caution soul du rap game qui nous propose comme souvent la prod la plus chaleureuse du projet avec le brillant « Mr. T ».

Au total, Flygod est un premier album original et authentique qui transpire autant la personnalité de WSG que l’anxiété, la crasse et le sang qui sont la loi des ghettos durs. Loin de se fondre dans une scène de l’underground new-yorkais qui a dernièrement la fâcheuse tendance à multiplier les clônes, le rappeur de Buffalo prend ici un départ prometteur en livrant un véritable must-have du downtempo sombre et glacial.

En un mot comme en cent, Flygod figure incontestablement parmi les 10 meilleurs albums de 2016.

Date de sortie : 11 mars 2016 // Label : Griselda Records

Ecouter l’album

Tracklist :

  1. Dunks (feat. Conway) (Prod. Daringer)
  2. Gustavo (feat. Keisha Plum) (Prod. Daringer)
  3. Shower Shoe Lords (feat. Benny) (Prod. Daringer)
  4. Vivian at the Art Basel (feat. Your Old Droog, prod. Camoflauge Monk)
  5. Hall (prod. Roc Marciano)
  6. Free Chapo (feat. Conway) (Prod. Daringer)
  7. Over Gold (feat. Meyhem Lauren) (Prod. Daringer)
  8. Bodies on Fairfax (feat. Danny Brown) (Prod. Daringer)
  9. Chine Gun (Prod. Daringer)
  10. King City (feat. Mach Hommy & DJ Qbert, prod Tha God Fahim)
  11. Omar’s Coming (feat. Roc Marciano & Conway) (Prod. Daringer)
  12. Mr. T (prod. Apollo Brown)
  13. 50 in. Zenith (feat. Skyzoo, prod. Statik Stelektah)
  14. Sly Green Skit (Prod. Daringer)
  15. 55 & a Half (Prod. Daringer)
  16. Albright Knox (feat. Chase) (Prod. Daringer)
  17. Dudley Boyz (feat. Action Bronson, prod. The Alchemist)
  18. Outro (feat. Bro A.A. Rashid, prod. Camouflage Monk)

Gucci Mane – Everybody looking

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Gucci Mane, la pieuvre des Atlantes

Atlanta, 26 Mai 2016. Après 3 ans passés derrière les barreaux pour détention d’armes à feu et de stupéfiants, Radric Davis, alias Gucci Mane, sort de prison. Arrêté à plus de 10 occasions depuis 2005 et déjà incarcéré à plusieurs reprises depuis 2010 pour possession de cocaïne ou pour l’attaque à main armée d’un club de sa ville, celui qu’on désigne volontiers comme le Boosie local en raison du rythme effréné de ses projets comme de ses allers-retours au trou a cette fois la ferme intention de s’en tenir à la musique et de ne pas retomber dans ses travers. « I’m not tryna’ go back », selon les propres mots de l’intéressé. Et depuis sa sortie, on ne peut que se réjouir de constater que Mr. Zone 6 a pris son engagement très au sérieux. Si sa condamnation ne l’avait pas empêché de sortir quelques mixtapes de bonne facture ici et là durant son séjour à l’ombre, comme le triptyque Breakfast / Lunch / Dinner, sa production exponentielle depuis son retour aux affaires déploie ses tentacules dans tous les studios de la région et bien au-delà. Des collaborations variées et souvent réussies que Guwop enfile comme des perles avec ses fils spirituels (Young Thug, Migos, Future…) et autres Common, Pusha T, Rick Ross, 2 Chainz pour ne citer qu’eux. Profitant de la tranquillité et de la sobriété imposée des profondeurs, la pieuvre des Atlantes n’a pas cessé d’écrire tout au long de sa détention, la faim et la gagne au ventre, comme en témoignent les lyrics griffonnées partout sur les murs de sa cellule. L’ensemble des textes d’ Everybody looking, sorti sur Atlantic Records le 22 Juillet dernier, a ainsi été écrit derrière les barreaux. Il paraît même que Guwop n’aurait passé qu’un très court moment à la pool party organisée pour célébrer sa libération, préférant filer directement en studio pour enregistrer l’album. Ce qui fut fait en seulement 6 jours.

Pawlice !

A l’arrivée, ce projet très attendu qui devait marquer le grand retour du Trap God à la liberté est largement à la hauteur des attentes qu’on pouvait en avoir. Résultat d’une introspection longue de 3 années menée en milieu carcéral : Guwop déteste toujours autant les flics (si ce n’est plus) et enfonce le clou de son hostilité en travers de leur gorge dès la première track, « No Sleep » : « I can’t even sleep I got so much to say / Fuck the feds, fuck the police, fuck the DEA / I can’t even sleep I got so much to say / Ex-drug dealer, used to sell a brick a day ». Cet esprit frondeur qui tient lieu de leitmotiv à l’ensemble de l’album se retrouve notamment sur « 1st Day Out Tha Feds », premier titre enregistré chez lui après sa libération sur lequel il diapre le corps policier d’un énième œil au burr noir. Celui-ci apparaît comme la suite logique de « 1st Day Out » qui avait marqué sa première sortie de prison sur l’album Writing On Da Wall en 2008.

 

 

Au demeurant, l’incarcération aura cette fois été l’occasion d’un bilan et d’une désintoxication forcée dont témoigne son impressionnante perte de poids  : c’est la tête sur les épaules, mûri, que Gucci sort de taule, et si sa musique baigne toujours dans une atmosphère de trap house, le projet prend également sur certains morceaux des airs de journal intime. Gucci alterne ainsi avec brio entre pur ego trip et lyrics plus profondes et personnelles, se confiant par exemple sur ses regrets ou sur l’épreuve de la désintoxication, expliquant que la prison lui a permis de se libérer de ses démons comme de son addiction à la drogue mais également de se refaire une santé.

 

Insane in the Mane Brain

Mais ne nous y trompons pas. Si Gucci est à présent sevré, les flux traversant Spaghetti Junction – le serpent de dope qui alimente la région – n’ont pas oublié de ravager sur leur passage l’esprit de son rappeur icône. Sur la plupart des morceaux de ce 5ème album en major, celui-ci reste bien le dealer glacial des rues d’Atlanta qui refourgue de la poudreuse à tour de bras, le hustler ultime et stupéfiant qui a su au fil des années étendre son territoire pour finalement conquérir jusqu’à nos oreilles au moyen d’une trap vertueusement coupée. Ainsi, Guwop met les voiles depuis sa geôle de la périphérie pour rejoindre la ville au volant d’un poids lourd toujours chargé à bloc, en compagnie de ses producteurs historiques Zaytoven et Mike WiLL Made It qui se révèlent une fois encore être de parfaits copilotes. Cinq ans après Return of Mr Zone 6, on retrouve des productions denses qui installent une atmosphère toute à la fois brute et teintée de mélancolie, sur lesquelles Gucci rappe avec gourmandise, évitant de réitérer l’erreur commise sur The State vs. Radric Davis (2009) ou The Appeal: Georgia’s Most Wanted (2010) de mêler son rap très cru à du R’n’B de midinette.

 

Veni, Vidi, Gucci

Le projet compte 3 featurings avec 3 des rappeurs les plus influents du moment : Young Thug entonne sur « Guwop Home » les louanges du père spirituel qui a contribué à son ascension (comme à celles de Waka Flocka Flame ou Young Scooter dont il a également lancé les carrières), Kanye West l’accompagne sur la délicieusement oppressante « Pussy Print » et Drake apparaît au refrain de l’entraînant « Back On Road ». Le choix d’avoir minimisé les featurings mérite d’être salué à la fois parce qu’il marque la rupture avec le format mixtape, parce que ces 3 morceaux sont bons et parce que, stratégiquement et symboliquement, il permet au chef de file de 1017 Records de rappeler son rang de légende aussi bien à ses fans qu’à ses pairs. Car il est au moins autant respecté pour ses qualités de rappeur qu’en tant que découvreur de talents, comme il le rappelle subtilement sur « All My Children » : « I can take a dope boy and make him go platinum ».

 

 

Au total, Everybody looking nous semble pouvoir être qualifié de versant trap d’All Eyez On Me de Tupac, rien de moins, tant il constitue au même titre un classique instantané du genre auquel il appartient. Pour ce qui nous concerne, on souhaite à la pieuvre fraîchement sortie de l’aquarium et revenue à son élément naturel de poursuivre avec la même intelligibilité la reconquête de son statut de léviathan du rap game. Et de s’ébattre encore longtemps dans des lagunes de lean. Par la musique, bien évidemment.

 

 

Et puisque c’est bientôt les fêtes, on vous offre en bonus une petite comptine de Noël burrprintée à souhait :

Ecouter l’album

Date de sortie : 22 Juillet 2016 // Label : Atlantic Records

Tracklist :

1. No Sleep (Intro)
2. Out Do Ya
3. Back On Road
4. Waybach
5. Pussy Print (feat. Kanye West)
6. Pop Music
7. Guwop Home (feat. Young Thug)
8. Gucci Please
9. Robbed
10. Richest Nigga In The Room
11. 1st Day Out Tha Feds
12. At Least a M
13. All My Children
14. Pick Up The Pieces (Outro)

Interview – Haïm – Black Cïrcus

 

Haïm est né à Paris. Il a longtemps habité à Orly avant de s’installer à Créteil où il vit depuis quelques années. Il a commencé à écrire ses premiers textes de rap autour de l’âge de 17 ans et a toujours eu envie de s’engager dans une carrière musicale à part entière. Néanmoins, ce n’est que bien plus tard qu’il a pris la décision de franchir le pas. Nous avons rencontré celui qui se définit lui-même comme « le premier juif du rap français » pour évoquer avec lui la sortie l’année dernière de son premier album, Black Cïrcus, ses influences aussi bien dans le rap game qu’en dehors, ses projets pour l’avenir mais également le sujet trop souvent tabou de l’antisémitisme qui sévit de manière insidieuse dans le milieu.

Entretien sans langue de bois avec celui qui, à 37 ans et fort d’un solide premier opus, a la ferme intention de surmonter toutes les embûches pour conquérir le trône du rap hexagonal.

 

 

Grapes Of Rap vous donne le choix entre le podcast audio à écouter ici…

… ou la version à lire ci-dessous.

 

Grapes Of Rap : Bonjour Haïm et merci d’avoir accepté l’invitation. Tout d’abord, quels sont les premiers rappeurs que tu as écoutés dans ta jeunesse et qui t’ont donné envie de rapper ?

Haïm Otakey : J’ai commencé à écouter du rap à 15 ou 16 ans. Les premiers, c’a été Secteur A et Booba.

G : Comment es-tu venu au rap toi-même par la suite ? C’est une envie que tu as eue dès que tu as commencé à écouter du rap ?

H : En fait, j’ai toujours écrit. J’écris depuis l’âge de 17 ans et à force d’écrire, j’ai fini par avoir envie de me lancer.

G : Quels sont les artistes que tu écoutes le plus actuellement en rap FR ? Et en rap US ?

H : J’écoute très peu de rap US. Ce qui m’intéresse, ce sont les lyrics donc j’écoute toujours beaucoup Booba, qui de ce point de vue reste pour moi indétrônable. Il y a aussi Lino d’Arsenik et Seth Gueko. Je reste essentiellement sur ces trois-là mais sinon je n’écoute pas beaucoup de rap FR non plus. J’en écoute même de moins en moins. Un petit peu de temps en temps pour me faire une idée mais il faut que ca reste du loisir, et non pas que ca devienne du fanatisme.

G : Ecoutes-tu également du rap israélien ?

H : Pas du tout.

G : J’imagine donc que ce sont ceux que tu as cité (Lino, Seth Gueko, Booba) qui influencent le plus ta musique et ce que tu fais actuellement ?

H : Entre autres oui mais j’ai également de nombreuses influences en dehors du rap. Par exemple Aznavour, Renaud, Brassens ou Jacques Brel. Je puise également dans la variété française. Pour moi, ce sont des MCs aussi. Au niveau des mots, ca reste de la haute voltige donc je m’inscris plus dans cette tendance-là.

 

 

G : J’ai remarqué que le seul son qui figure sur ta chaîne youtube et qui n’est pas de toi, c’est le morceau « 3G » de Booba. Est-ce qu’il y a une raison particulière à cela ?

H : Ce n’est pas que je ne partage pas mais Booba est aujourd’hui mondialement connu et ce n’est pas une page de fan. Ca reste une page personnelle, très « ego » et centrée sur moi. Le morceau « 3G », c’est parce qu’il est sorti au moment où j’ai commencé à me mettre sur Facebook. Donc je l’ai partagé.

G : Tu te définis comme « le premier juif du rap français » et l’antisémitisme est un thème très présent dans ta musique, notamment sur le titre « Maguène » où tu dénonces le fait qu’il y a « trop d’antisémites dans ce rap game ». Penses-tu qu’il y a un réel problème d’antisémitisme dans le rap game en France actuellement ?

H : Déjà, en France, en dehors du rap il est clair qu’il y en a un. Et dans le rap, c’est très tabou. Pour avoir fait le tour de pas mal de mecs qui postent beaucoup de choses sur internet, notamment des rappeurs connus, on sent que dans leurs publications comme dans leurs paroles, il y a des allusions à ça. Dans l’état actuel des choses, quand on aborde les radios où que ce soit, ça reste fermé. Même très, très fermé. Dans mes paroles, j’attaque aussi ce système-là. Le rap est anti-juif, et même s’il n’y a pas que ça, il y a tout de même 80% de ça. C’est-à-dire que quand on se présente à la radio où quoi que ce soit, ils ne vous laissent pas passer. Et le jour où j’accède à la « célébrité », on verra bien si comme le prétendent certains, cette industrie est contrôlée par les juifs.

G : Tu as donc déjà eu des expériences où tu as essayé de passer sur les ondes et où l’on t’en a empêché, parce que tu es juif ?

H : Oui et ca ne passe pas. Sans faire de la paranoïa mais je crois bien que c’est pour cette raison. C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu.

 

 

G : Venons-en à ta musique proprement dite. Pourquoi avoir choisi d’appeler ton premier album Black Cïrcus ?

H : C’est une métaphore. Il y a un petit peu de tout dans un cirque : plusieurs pistes, plusieurs numéros, on peut être à la fois jongleur, clown triste, clown qui fait rire, il y a des animaux, donc c’est un peu la vie. Et puis « black », eh bien parce que ca ne dure jamais longtemps.

G : Est-ce que tu réalises toi-même tes prods ou est-ce que tu travailles avec des beatmakers ?

H : Je travaille avec un beatmaker qui est en Guyane. C’est lui qui a produit tout l’album sauf le premier morceau.

G : Que penses-tu des « type beats » qu’on trouve aujourd’hui un peu partout sur internet et qui permettent aux rappeurs de se confronter avec beaucoup plus de facilité qu’auparavant à différents types d’instrus ?

H : Internet, c’est comme tout. Ca a permis de faire avancer beaucoup de choses comme ca a aussi fait régresser beaucoup de choses. Concernant les type beats, je pense que c’est plutôt une bonne chose. Si ca donne de l’inspiration aux jeunes, si ca leur donne l’envie d’écrire et de se plonger dans quelque chose de positif, c’est toujours bien.

G : Sur la plupart de tes morceaux, on peut entendre des beats qui sonnent plutôt hip-hop old school du début des années 2000. Sur « Je rêve » ou « Toujours Al » par exemple, le piano fait penser à « Dans ma rue » de Doc Gynéco ou « Belsunce Breakdown » de Bouga. Est-ce que tu fais partie de ceux qui pensent que « le rap c’était mieux avant » ?

H : Pas vraiment, non. Il y a eu du bon et du moins bon avant comme il y a du bon et du moins bon aujourd’hui. Ce qui a changé avec internet, c’est surtout qu’il y a beaucoup plus de copies. Dès qu’un artiste fait un morceau qui marche, on peut s’amuser à retrouver les mêmes éléments chez tel ou tel autre artiste qui s’en inspire très directement. Bien plus qu’auparavant, on constate par exemple la multiplication des clones de Booba, d’un tel ou d’un tel. Il y a beaucoup de clones.

G : Il se passe beaucoup de choses dans le rap actuellement mais si on devait dégager les deux grandes tendances qui ont marqué ces dernières années, on pourrait dire qu’il y a d’une part le cloud rap, avec des instrus plutôt planantes et aériennes, et d’autre part la trap, avec le plus souvent du fast flow sur des instrus beaucoup plus lourdes. Que penses-tu de l’hégémonie récente de ces deux grandes tendances ?

H : J’écoute assez peu tout ca, je ne suis pas un bon client. J’ai tendance à rester sur mes bases et je suis plutôt fidèle aux classiques. C’est peut-être aussi du à l’âge que j’ai. Mais quand j’aime bien un artiste, je vais acheter l’album, j’écoute régulièrement et je vais au concert. Bref, je le suis à fond.

Concernant la trap, peu importe que le flow soit saccadé ou qu’un morceau ait du « style » pour telle et telle raison, il faut qu’il y ait du texte derrière sinon je trouve ca un peu mou et ca ne m’intéresse pas tellement. Il y en a qui vont aimer la musique, d’autres qui vont aimer le thème. Pour ce qui me concerne, je n’écoute pas spécialement ce genre d’artistes et de manière plus générale, je ne suis aucune mode. Il faut simplement que ca me plaise.

G : Pour finir, quels sont tes projets pour les mois à venir ? Est-ce que tu travailles sur un deuxième album ?

H : De toute façon, j’écris tout le temps. Mon projet pour le moment, c’est surtout d’emmener « Black Cïrcus » au plus haut point.

G : Merci Haïm d’être venu nous parler de ton premier album. J’espère avoir été à la hauteur du « bête d’interview » que tu appelais de tes vœux sur ton intro « H Black ». On te souhaite le meilleur pour la suite de tes aventures.

 

 

Pour suivre Haïm et acheter son album Black Cïrcus, c’est par ici ou par .

Tracklist :

  1. Intro H Black
  2. Marginal
  3. La Maguène
  4. Jude Lion
  5. One Shot
  6. J’irai loin
  7. Black Cïrcus
  8. Mafia Mifa
  9. Dieu Seul Sait
  10. L’Heure H…
  11. Otakey
  12. Baka
  13. Allée des Sycomores
  14. Phénix
  15. Si loin
  16. Victoire
  17. 7ème Saison