A J-4 avant Agartha, retour sur la Megadose Vald – [reaphit.com]

A quelques jours de la sortie du très adroitement teasé Agartha, retour sur les deux premiers extraits clippés.

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De retour après le succès critique et public de son EP NQNT 2, Vald dévoilait il y a quelques semaines « Eurotrap », extrait de son premier album studio Agartha qui sortira le 27 Janvier prochain, dont le clip avait été tourné sur fond vert afin de permettre aux internautes d’y incruster ce qu’ils voulaient et d’en proposer ainsi leur propre version.

Le rappeur d’Aulnay-sous-bois (93) nous en livre un second extrait, moins bouncy mais tout aussi trap, et sans doute meilleur encore :           « Megadose » produit par Seezy, à l’occasion duquel il invite à sa table les frelons Suikon Blaze AD, Dj Weedim (tous deux présents sur le projet), Biffty, Julius et Keukeu pour une gargantuesque orgie de junk food façon La Grande Bouffe. La réalisation du clip est signée Kub Cristo.

Toujours aussi désabusé, Vald pique au vif par le constat glacial qu’il nous invite à dresser avec lui sur l’état du monde (« Avant qu’explose la Terre, la stratégie j’expose… »).

La suite sur ReapHit.com.

 

Vald sera à l’Olympia de Paris le 17 Mars prochain et en tournée dans toute la France à partir de début Mars.

Tracklist – Agartha :

01 : Acacia
02 : Mégadose
03 : Si j’arrêtais
04 : Je t’aime
05 : Totem
06 : L.D.S
07 : Ma meilleure amie
08 : Neo
09 : Lezarman
10 : Blanc (feat. Suik’on Blaz AD)
11 : Eurotrap
12 : Petite chatte
13 : Vitrine (feat. Damso)
14 : Strip
15 : Kid Cudi
16 : Libellule
17 : Dernier verre

Interview – Haïm – Black Cïrcus

 

Haïm est né à Paris. Il a longtemps habité à Orly avant de s’installer à Créteil où il vit depuis quelques années. Il a commencé à écrire ses premiers textes de rap autour de l’âge de 17 ans et a toujours eu envie de s’engager dans une carrière musicale à part entière. Néanmoins, ce n’est que bien plus tard qu’il a pris la décision de franchir le pas. Nous avons rencontré celui qui se définit lui-même comme « le premier juif du rap français » pour évoquer avec lui la sortie l’année dernière de son premier album, Black Cïrcus, ses influences aussi bien dans le rap game qu’en dehors, ses projets pour l’avenir mais également le sujet trop souvent tabou de l’antisémitisme qui sévit de manière insidieuse dans le milieu.

Entretien sans langue de bois avec celui qui, à 37 ans et fort d’un solide premier opus, a la ferme intention de surmonter toutes les embûches pour conquérir le trône du rap hexagonal.

 

 

Grapes Of Rap vous donne le choix entre le podcast audio à écouter ici…

… ou la version à lire ci-dessous.

 

Grapes Of Rap : Bonjour Haïm et merci d’avoir accepté l’invitation. Tout d’abord, quels sont les premiers rappeurs que tu as écoutés dans ta jeunesse et qui t’ont donné envie de rapper ?

Haïm Otakey : J’ai commencé à écouter du rap à 15 ou 16 ans. Les premiers, c’a été Secteur A et Booba.

G : Comment es-tu venu au rap toi-même par la suite ? C’est une envie que tu as eue dès que tu as commencé à écouter du rap ?

H : En fait, j’ai toujours écrit. J’écris depuis l’âge de 17 ans et à force d’écrire, j’ai fini par avoir envie de me lancer.

G : Quels sont les artistes que tu écoutes le plus actuellement en rap FR ? Et en rap US ?

H : J’écoute très peu de rap US. Ce qui m’intéresse, ce sont les lyrics donc j’écoute toujours beaucoup Booba, qui de ce point de vue reste pour moi indétrônable. Il y a aussi Lino d’Arsenik et Seth Gueko. Je reste essentiellement sur ces trois-là mais sinon je n’écoute pas beaucoup de rap FR non plus. J’en écoute même de moins en moins. Un petit peu de temps en temps pour me faire une idée mais il faut que ca reste du loisir, et non pas que ca devienne du fanatisme.

G : Ecoutes-tu également du rap israélien ?

H : Pas du tout.

G : J’imagine donc que ce sont ceux que tu as cité (Lino, Seth Gueko, Booba) qui influencent le plus ta musique et ce que tu fais actuellement ?

H : Entre autres oui mais j’ai également de nombreuses influences en dehors du rap. Par exemple Aznavour, Renaud, Brassens ou Jacques Brel. Je puise également dans la variété française. Pour moi, ce sont des MCs aussi. Au niveau des mots, ca reste de la haute voltige donc je m’inscris plus dans cette tendance-là.

 

 

G : J’ai remarqué que le seul son qui figure sur ta chaîne youtube et qui n’est pas de toi, c’est le morceau « 3G » de Booba. Est-ce qu’il y a une raison particulière à cela ?

H : Ce n’est pas que je ne partage pas mais Booba est aujourd’hui mondialement connu et ce n’est pas une page de fan. Ca reste une page personnelle, très « ego » et centrée sur moi. Le morceau « 3G », c’est parce qu’il est sorti au moment où j’ai commencé à me mettre sur Facebook. Donc je l’ai partagé.

G : Tu te définis comme « le premier juif du rap français » et l’antisémitisme est un thème très présent dans ta musique, notamment sur le titre « Maguène » où tu dénonces le fait qu’il y a « trop d’antisémites dans ce rap game ». Penses-tu qu’il y a un réel problème d’antisémitisme dans le rap game en France actuellement ?

H : Déjà, en France, en dehors du rap il est clair qu’il y en a un. Et dans le rap, c’est très tabou. Pour avoir fait le tour de pas mal de mecs qui postent beaucoup de choses sur internet, notamment des rappeurs connus, on sent que dans leurs publications comme dans leurs paroles, il y a des allusions à ça. Dans l’état actuel des choses, quand on aborde les radios où que ce soit, ça reste fermé. Même très, très fermé. Dans mes paroles, j’attaque aussi ce système-là. Le rap est anti-juif, et même s’il n’y a pas que ça, il y a tout de même 80% de ça. C’est-à-dire que quand on se présente à la radio où quoi que ce soit, ils ne vous laissent pas passer. Et le jour où j’accède à la « célébrité », on verra bien si comme le prétendent certains, cette industrie est contrôlée par les juifs.

G : Tu as donc déjà eu des expériences où tu as essayé de passer sur les ondes et où l’on t’en a empêché, parce que tu es juif ?

H : Oui et ca ne passe pas. Sans faire de la paranoïa mais je crois bien que c’est pour cette raison. C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu.

 

 

G : Venons-en à ta musique proprement dite. Pourquoi avoir choisi d’appeler ton premier album Black Cïrcus ?

H : C’est une métaphore. Il y a un petit peu de tout dans un cirque : plusieurs pistes, plusieurs numéros, on peut être à la fois jongleur, clown triste, clown qui fait rire, il y a des animaux, donc c’est un peu la vie. Et puis « black », eh bien parce que ca ne dure jamais longtemps.

G : Est-ce que tu réalises toi-même tes prods ou est-ce que tu travailles avec des beatmakers ?

H : Je travaille avec un beatmaker qui est en Guyane. C’est lui qui a produit tout l’album sauf le premier morceau.

G : Que penses-tu des « type beats » qu’on trouve aujourd’hui un peu partout sur internet et qui permettent aux rappeurs de se confronter avec beaucoup plus de facilité qu’auparavant à différents types d’instrus ?

H : Internet, c’est comme tout. Ca a permis de faire avancer beaucoup de choses comme ca a aussi fait régresser beaucoup de choses. Concernant les type beats, je pense que c’est plutôt une bonne chose. Si ca donne de l’inspiration aux jeunes, si ca leur donne l’envie d’écrire et de se plonger dans quelque chose de positif, c’est toujours bien.

G : Sur la plupart de tes morceaux, on peut entendre des beats qui sonnent plutôt hip-hop old school du début des années 2000. Sur « Je rêve » ou « Toujours Al » par exemple, le piano fait penser à « Dans ma rue » de Doc Gynéco ou « Belsunce Breakdown » de Bouga. Est-ce que tu fais partie de ceux qui pensent que « le rap c’était mieux avant » ?

H : Pas vraiment, non. Il y a eu du bon et du moins bon avant comme il y a du bon et du moins bon aujourd’hui. Ce qui a changé avec internet, c’est surtout qu’il y a beaucoup plus de copies. Dès qu’un artiste fait un morceau qui marche, on peut s’amuser à retrouver les mêmes éléments chez tel ou tel autre artiste qui s’en inspire très directement. Bien plus qu’auparavant, on constate par exemple la multiplication des clones de Booba, d’un tel ou d’un tel. Il y a beaucoup de clones.

G : Il se passe beaucoup de choses dans le rap actuellement mais si on devait dégager les deux grandes tendances qui ont marqué ces dernières années, on pourrait dire qu’il y a d’une part le cloud rap, avec des instrus plutôt planantes et aériennes, et d’autre part la trap, avec le plus souvent du fast flow sur des instrus beaucoup plus lourdes. Que penses-tu de l’hégémonie récente de ces deux grandes tendances ?

H : J’écoute assez peu tout ca, je ne suis pas un bon client. J’ai tendance à rester sur mes bases et je suis plutôt fidèle aux classiques. C’est peut-être aussi du à l’âge que j’ai. Mais quand j’aime bien un artiste, je vais acheter l’album, j’écoute régulièrement et je vais au concert. Bref, je le suis à fond.

Concernant la trap, peu importe que le flow soit saccadé ou qu’un morceau ait du « style » pour telle et telle raison, il faut qu’il y ait du texte derrière sinon je trouve ca un peu mou et ca ne m’intéresse pas tellement. Il y en a qui vont aimer la musique, d’autres qui vont aimer le thème. Pour ce qui me concerne, je n’écoute pas spécialement ce genre d’artistes et de manière plus générale, je ne suis aucune mode. Il faut simplement que ca me plaise.

G : Pour finir, quels sont tes projets pour les mois à venir ? Est-ce que tu travailles sur un deuxième album ?

H : De toute façon, j’écris tout le temps. Mon projet pour le moment, c’est surtout d’emmener « Black Cïrcus » au plus haut point.

G : Merci Haïm d’être venu nous parler de ton premier album. J’espère avoir été à la hauteur du « bête d’interview » que tu appelais de tes vœux sur ton intro « H Black ». On te souhaite le meilleur pour la suite de tes aventures.

 

 

Pour suivre Haïm et acheter son album Black Cïrcus, c’est par ici ou par .

Tracklist :

  1. Intro H Black
  2. Marginal
  3. La Maguène
  4. Jude Lion
  5. One Shot
  6. J’irai loin
  7. Black Cïrcus
  8. Mafia Mifa
  9. Dieu Seul Sait
  10. L’Heure H…
  11. Otakey
  12. Baka
  13. Allée des Sycomores
  14. Phénix
  15. Si loin
  16. Victoire
  17. 7ème Saison